Vendredi 24 juin 2011
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Voici l'atelier que je présente lors des prestations de mon association Les Ruistres
sans terre
En tant que messin nous connaissons tous la place St Louis. Par contre nous connaissons moins son utilisation
au Moyen âge et surtout sa grande importance durant le XIVème siècle. On peut encore admirer les arcades et les bans de pierre. C’est ici que les bourgeois, marchands, venaient à la rencontre des
changeurs. Pourquoi ce métier aujourd’hui disparu (mais pas tant que ça) était important dans la vie quotidienne mais aussi pour l’économie de la République.
Place Saint Louis à Metz (57)
Aujourd’hui nous connaissons tous l’euro, le dollar, la livre sterling, mais durant le moyen âge cette
oligarchie monétaire est totalement inconnue. Le moyen âge c’est mille ans, de la chute de l’empire romain en 476 à la découverte des Amériques par Christophe Colomb en
1492.
Durant toute cette période quasiment chaque région voire certaines grandes villes frappent monnaies. Il faut
donc des « spécialistes » qui maitrisent cette multitude.
1. La fabrication de la monnaie
Comme dans quasiment tous les métiers médiévaux, le principe est le découpage des taches. Vous avez donc un
maitre qui possède son atelier. Il obtient sa charge du pouvoir comme l’échevin à Metz. Selon l’ordonnance éditée qui stipule les conditions de frappe, la valeur de la monnaie, une certaine
quantité de monnaie est mise en circulation. Le métal utilisé est de l’argent avec un très faible pourcentage d’alliage.
Quand on songe que l'art de la gravure en relief et en creux sur les métaux atteignit de bonne heure la perfection, on est étonné de la lenteur avec laquelle se sont
développés les procédés de la fabrication des monnaies. Autrefois les monnaies étaient frappées par le marteau, tantôt à froid, tantôt à chaud, et il en a été ainsi jusqu'à la seconde moitié du
XVIe siècle. Après avoir fait subir aux matières d'or et d'argent l'alliage légal, on les
fondait et on les coulait en lames, qui étaient ensuite recuites pour être étendues sur l'enclume. Quand les lames avaient à peu près l'épaisseur des espèces à fabriquer, on les coupait en
morceaux à peu près de la grandeur des espèces, ce qu'on appelait couper quarreaux. Les quarreaux réduits au volume des espèces prenaient le nom de flaons. Pour marquer l'empreinte légale sur les
deux côtés du flaon, on se servait de deux poinçons appelés coins ou quarrés. L'un était la pile; c'est celui sur lequel était gravé l'écusson : l'autre, qui portait la croix ou l'effigie du roi,
s'appelait le trousseau. Le flaon étant posé sur la pile, on mettait le trousseau sur le flaon : d'une main on pressait la pièce entre la pile et le trousseau, de l'autre on donnait trois ou
quatre coups de maillet de fer sur le trousseau, et ainsi le flaon se trouvait monnayé dos deux côtés. Ce terme de pile venait de ce que la pile est frap pée, pilée sous le trousseau, et celui de
trousseau, de ce qu'on tenait et troussait ce coin de la main.
Le monnayage comprend les opérations suivantes :
1° la fonte des métaux;
2° l'essai de l'alliage, pour vérifier s'il est au titre convenable;
3° le laminage des lingots obtenus par la fonte;
4° le découpage des flans à l'aide d'un emporte-pièce mécanique;
5° le frappage des pièces à l'aide des coins et du balancier.
2. Historique de la monnaie
La France se dota d’un système monétaire plutôt complexe mais étonnamment durable.
Le denier, subdivision principale de la monnaie « ancienne » existe depuis le IIIème siècle av J-C. C’est
cependant charlemagne en 781 qui mis en place les « douzaines » de deniers. Ainsi, on se retrouve avec cette subdivision.
Une livre vaut 20 sous ou 240 deniers. Un sou égale 12 deniers.
Les Anglais jusqu'en 1971 avaient exactement les mêmes subdivisions.
La monnaie est le reflet des fluctuations politiques et économiques. Ainsi jusqu’au XIIème siècle, le Roy de
France n’est pas assez puissant pour imposer sa monnaie. Les Ducs frappent monnaies. Les villes franches aussi.
Ainsi C’est Philipe Auguste (1180-1223) qui met en place les deux grandes monnaies qui auront cours jusqu'à la
fin de l’ancien régime.
Le denier parisis
Le denier tournois
A Metz, l’échevin fourni les chartes aux différents acteurs de la vie économique dont le maitre de frappe et
le changeur. Tout est réglementé, du poids en argent fin (à 23 grains comme l’or peut être à 23 carats), à la « taille » de la monnaie (deniers, gros ou oboles).
3. Le métier de changeurs.
Lors d’une foire donné sur Metz ou les environs, de nombreux marchands arrivent aves leurs monnaies mais qui
n’ont pas toujours cours dans notre république. Mon travail est donc de convertir celle-ci et de la remplacer par des deniers messins. Cependant les transactions monétaires ne sont pas évidentes.
Il faut compter l’argent. Le changeur a donc à sa disposition de nombreux outils.
Les tables à calculer
Quoi de plus pratique qu’un système qui me permette de calculer des sommes importantes mais aussi de manipuler
les chiffres par diverses opérations. Le plus simple serait d’utiliser ses doigts mais la limite se fait vite ressentir. Il existe aussi un système de bâton ou on peut faire des encoches à chaque
unité mais là aussi la limite va vite être atteinte à moins d’avoir à sa disposition une forêt entière. Un système simple est donc mis en place. Le principe est de tracé des lignes avec un
système d’unité. On y place des cailloux ou des jetons. Selon la disposition de chaque jeton vous avez un chiffre qui apparaît. C’est aussi le principe du boulier chinois.

Méreau ou jeton, pièce sans valeur réelle mais qui est utilisé pour les abaques ou comme « ticket
»
Vous avez ici la représentation d’un abaque à ligne. Les lignes représentent les unités afin de faciliter le
calcul.
Avec ce système les aditions, soustractions et autres deviennent un jeu d’enfant. Cependant, l’arithmétique
évolue et les chiffres dit arabe sont connu en Europe depuis le Xème siècle. C’est surtout un certain Fibonacci qui va les mettre en avant et tous les lettrés vont progressivement passé au calcul
écrit.
Un couple de bourgeois faisant des calculs à l’aide de chiffre arabe.

L’autre système de calcul est l’abaque à bande. Celui à la particularité d’avoir une subdivision selon la
monnaie usité.
La balance à trébuchet
Pile dite de charlemagne
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